UfoGym Festival

La gymnastique innove avec un festival loisir et l’accueil du handicap

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Le pôle « nouvelles pratiques » de la CNS lance l’UfoGym’Festival à l’esprit loisir et propose l’accueil en compétition de jeunes en situation de handicap.

Au sein de la commission nationale gymnastique de l’Ufolep, l’élaboration du programme des compétitions a longtemps mobilisé toutes les énergies. C’est pourquoi, lors de son renouvellement en 2024, la CNS s’est étoffée de personnes ressources chargées de dynamiser les « nouvelles pratiques » autour de Maeva Boussais, 27 ans, éducatrice sportive en activité physique adaptée (Apa) et licenciée à l’Association laïque Gerland-La Mouche de Lyon.

La commission a travaillé sur un rassemblement destiné aux gymnastes n’étant pas ou plus motivé.es par la compétition (ou qui ne peuvent espérer participer au National) et sur l’engagement en compétition de jeunes en situation de handicap mental, à partir d’une expérimentation menée en région Occitanie. Ces deux axes se sont traduits par la réalisation de brochuresdisponibles prochainement. La première précise comment monter des équipes pour ce nouveau rendez-vous annoncé pour le printemps 2027, probablement dans la Loire ; la seconde explique comment accueillir en compétition des jeunes atteints de troubles de l’autisme, de trisomie 21 ou de déficience intellectuelle.

Festival. « L’UfoGym’Festival s’apparente un peu au Festival Ufolep de GRS », résume Maeva Boussais. L’idée est de proposer un week-end sympa aux gymnastes de 20-25 ans et plus, garçons et filles, pour se challenger dans un esprit loisir, au sein d’équipes de 6 à 10 personnes. Mais les plus jeunes, à condition de n’être pas engagés par ailleurs en compétition, sont aussi les bienvenus. »

Le samedi, les gymnastes se mesureront sur les agrès de leur choix, féminins ou masculins, en individuel ou en duo. Elles et ils participeront aussi avec toute leur équipe à un mouvement d’ensemble pouvant intégrer passage au sol et divers agrès, voire de la GRS ou des figures de cheerleading.Puis, au lendemain de la soirée conviviale, la journée du dimanche se déclinera sous forme de défis entre équipes : la plus haute pyramide, le plus grand nombre de pompes, des relais, etc.

Inclusion. La brochure Gym adaptée s’appuie quant à elle sur l’expérience menée depuis trois ans en région Occitanie par Lucille Boubon, 26 ans. Éducatrice spécialisée dans un institut médico-éducatif de Toulouse, où elle accompagne des jeunes autistes et trisomiques, Lucile est également coach au Portet Gym, club Ufolep du sud de l’agglomération. L’animation d’un créneau pour une dizaine de jeunes pensionnaires a débouché sur l’intégration, à titre expérimental, de la jeune Aya au sein d’une équipe de niveau 7 engagée en compétition. Un reportage vidéo a ensuite facilité l’obtention de créneaux en gymnase fréquentés aujourd’hui par 30 des 42 jeunes pensionnaires de l’IME, âgés de 10 à 18 ans.

En concertation avec les responsables régionaux de la gym Ufolep, l’expérience s’est poursuivie avec l’engagement en compétition de deux équipes de jeunes ayant la capacité à évoluer en public dans un environnement bruyant. « Le principe, c’est que cela ne perturbe en aucun cas le déroulement de la manifestation dans ses exigences de sécurité et ses enjeux de qualification. En revanche, j’ai tenu à ce que mes jeunes soient notés, comme les autres. J’ai donc « bidouillé » à leur intention un système de notation adapté. Il y a aussi des podiums, pour la force du symbole. »

Comme cette expérience régionale coïncidait avec le souhait de la CNS de proposer une gym plus inclusive, Lucille a été sollicitée pour travailler avec le pôle « nouvelles pratiques » à la réalisation d’une brochure précisant le déroulement de la compétition, par équipes de 6 maximum, avec un classement individuel et par équipe et quelques règles adaptées1. La brochure détaille également les points accordés selon la difficulté des figures réalisées lors du saut, aux barres parallèles, à la poutre et au sol. Une feuille de jugement adaptée a également été réalisée à l’intention des juges.

« Lors des rencontres l’accueil du public est toujours chaleureux, les jeunes se sentent valorisés et les parents sont émus de voir leurs enfants évoluer en compétition comme les autres », souligne Lucille. L’objectif est à présent d’intégrer des jeunes en situation de handicap lors d’une demi-finale nationale ou d’une finale jeunes, tout en veillant à ne pas leur imposer de trop longs déplacements.

Au-delà de cette innovation, l’enjeu est de favoriser l’inclusion de jeunes en situation de handicap au sein des clubs. « C’est pourquoi nous avons retenu le principe de deux visioconférences de début et de fin de saison afin d’échanger avec les responsables de clubs intéressés par la démarche mais inquiets des conditions d’accueil de ce public. » La première visioconférence était prévue courant septembre. Ph.B.

(1) Autorisation de sortir du plateau de compétition à tout moment et d’aides verbales et physiques de l’entraîneur, ou bien encore possibilité d’avoir du matériel en plus (élargisseur de poutre, tapis supplémentaire).

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